La régulation européenne à échelle régionale

Les rencontres internationales à grande échelle se multiplient, les ordres du jour restent chargés avec l’analyse en profondeur de la directive sur les services de médias audiovisuels (AVMS). Autant profiter des rendez-vous informels pour faire le point à petite échelle sur les dossiers intéressant les régulateurs avoisinants.

Ce fut le cas lors de la 4e réunion des Euregiolators, régulateurs de l’audiovisuel des régions Sarre-Lor-Lux et Meuse-Rhin à Hilversum en ce janvier.

Un poids lourd au menu pour commencer : l’indépendance des régulateurs. Ce sujet reste toujours cuisant suite au lancement de l’étude de la Commission européenne intitulée « Indireg ». Cette étude devait servir e.a. de guide aux régulateurs afin de déterminer leur degré d’indépendance. Le résultat est mitigé : aux Pays-Bas et en Allemagne (LfM), le score était bon avec peu d’influence sur le travail du régulateur provenant de l’extérieur. Pour le VRM de la Flandre et le Luxembourg, pas de surprise, l’indépendance laisse à désirer et ce à plusieurs niveaux, dont l’influence politique ou encore la situation financière. La clé du succès voire de l’indépendance accrue semble résider dans le fait de collecter les compétences sous un toit avec un régulateur travaillant dans les domaines variés des médias.

Des différences importantes également en matière d’éducation aux médias pour les Euregiolators : alors qu’en Allemagne, elle reste un domaine de prédilection des autorités de régulation et que la LfM joue toujours son rôle de précurseur avec cette mission inscrite dans la loi, les autres autorités ont peu de pouvoirs en la matière. En Flandre, le VRM n’a pas pu s’imposer lors d’une controverse avec son Ministère qui l’a finalement remporté en étant aujourd’hui l’instance compétente en la matière. Une centralisation s’imposerait également au Grand-Duché où les initiatives restent éparpillées à travers plusieurs structures et où, jusqu’à ce jour, même avec un concept existant, aucune ligne directrice ne peut être identifiée.

La publicité sur les petits écrans reste un des casse-tête des régulateurs : qu’il s’agisse d’autopromotion, de placement de produit ou de sponsoring, la nouvelle directive n’a pas su éclairer les lanternes, bien au contraire. De grandes divergences d’interprétation des différentes formes continuent à exister et ne facilitent guère le travail des autorités. De quoi se concerter une fois pour toutes en tant que régulateurs pour affronter les réalités politiques et celles du marché…..

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